De nouvelles protections contre la haine pourraient voir le jour en 2026

De nouvelles protections contre la haine pourraient voir le jour en 2026

En septembre 2025, le gouvernement du Canada a déposé un projet de loi visant à renforcer la lutte contre les crimes haineux, dans un contexte marqué par une hausse des incidents signalés et par une préoccupation croissante pour la protection des groupes vulnérables. Cette initiative vise à moderniser le cadre juridique afin de mieux répondre aux formes actuelles de propagande haineuse, tant dans l’espace public que sur les plateformes numériques.

L’une des mesures principales consisterait à criminaliser la promotion délibérée de la haine envers un groupe identifiable. Contrairement à certaines infractions déjà prévues au Code criminel, cette disposition ciblerait plus directement les comportements visant à encourager ou normaliser la haine, même en l’absence d’un appel explicite à la violence. Le projet prévoit également d’interdire l’affichage de symboles haineux dans les lieux publics lorsqu’il est démontré qu’ils servent à inciter à la haine ou à l’hostilité envers un groupe protégé.

Les sanctions proposées sont particulièrement sévères. Dans les cas les plus graves, les peines pourraient atteindre jusqu’à 10 ans d’emprisonnement, ce qui témoigne de la volonté du législateur de traiter ces infractions comme des atteintes sérieuses à la sécurité et à la cohésion sociale. Toutefois, des exceptions importantes seraient prévues afin de protéger la liberté d’expression dans des contextes légitimes, notamment pour des usages éducatifs, artistiques, scientifiques ou journalistiques.

Le projet de loi viserait également les actes d’intimidation empêchant l’accès à certains établissements. Par exemple, le blocage de lieux religieux, culturels ou communautaires pourrait constituer une infraction lorsqu’il est motivé par la haine envers un groupe identifiable. Cette mesure vise à garantir que chacun puisse exercer ses droits fondamentaux, notamment la liberté de religion et d’association, sans intimidation ni obstruction.

Un autre changement important concerne la procédure judiciaire. Le texte propose de simplifier les poursuites pour propagande haineuse en retirant l’obligation d’obtenir l’autorisation préalable du procureur général. Cette modification pourrait permettre une intervention plus rapide des autorités et faciliter le dépôt d’accusations dans des situations urgentes.

Bien que ce projet de loi ne soit pas encore adopté, il pourrait entrer en vigueur dès 2026 s’il franchit toutes les étapes du processus parlementaire. Son adoption marquerait un durcissement notable du cadre juridique canadien en matière de crimes haineux, tout en soulevant inévitablement des débats sur l’équilibre entre la protection du public et les libertés fondamentales garanties par la Charte canadienne des droits et libertés.

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